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...Je sais qu'il me faut écrire malgré tout, à tout prix, en dépit des catastrophes, des démagogues, des ours polaires qui meurent sur la banquise, des guerres toujours renaissantes, des murs qui se construisent partout sur la planète... La parole ne sauve pas de tout, mais elle éclaire dans la nuit, indique des espoirs encore voilés, éveille les désirs et les engagements, fait ressurgir les souvenirs qui relient au passé et guident dans l'errance.

Dominique Richard

Crédits Photos Sophie Mourat

Je cherche la lumière dans ma nuit

 

Au départ de ce texte, il y a un projet de la compagnie du Réfectoire autour du thème des villes rêvées. Pendant des années j'ai gardé dans mes tiroirs des esquisses de scènes, des bribes de réflexion, des débuts de récits. Et me revenaient régulièrement en tête ces deux sœurs se perdant dans les rues de la ville et croisant dans leur errance les figures mystérieuses et inquiétantes de la nuit. Je ne savais pas où cela pouvait m'entraîner, mais petit à petit se sont imposées à moi toutes les images de la perte et de la parole entravée, les abandonnées qui se posent la question d'une possible libération par la parole.

 

Dans ce monde étrange et inquiétant qui est le nôtre, en cette période de doutes et de peurs, comment encore avoir le désir de parler, d'écrire ? Quand plus rien ne va, du moins quand ça ne va pas très bien, ne vaut-il pas mieux se taire et se réfugier dans le silence ? A quoi bon écrire encore quand tout semble s'effondrer autour de soi ? Que faire d'autres que d'échanger des colères impuissantes ou des hochements de tête désabusés ? Faut-il se forcer à parler, à écrire, coûte que coûte, quand bien même on n'y croit plus vraiment, quand plus rien ne semble pouvoir nous sortir de l'impasse ?

 

Je sais qu'il me faut écrire malgré tout, à tout prix, en dépit des catastrophes, des démagogues, des ours polaires qui meurent sur la banquise, des guerres toujours renaissantes, des murs qui se construisent partout sur la planète... La parole ne sauve pas de tout, mais elle éclaire dans la nuit, indique des espoirs encore voilés, éveille les désirs et les engagements, fait ressurgir les souvenirs qui relient au passé et guident dans l'errance.

 

Elle fait vivre aussi l'absent, le disparu, celui qu'on a perdu et qui sort des limbes par sa seule évocation, celui qu'on veut retrouver, qui apparaît et disparaît dans une brume lointaine, comme en rêve, qui comme Gajick, se met à danser dans la poussière, à réveiller les souffles du vent et de la vie.

 

Je suis comme la cadette dans sa nuit, à la recherche de ma lumière, entouré de tous ceux qui m'aident à écrire et m'encouragent, à deviner des passages vers la sortie du labyrinthe, à m'imaginer donner la parole à ceux qui ne l'ont plus, les invisibles, "ces muets sans terre qui parlent si bien"* et qu'on devine à peine dans les rues, ceux qui se réfugient sous les ponts, qui se dissimulent dans la pénombre des ruelles, qui s'égarent et errent au milieu des terrains vagues, qui sont rejetés vers la périphérie des ville pour y installer leurs petits manèges de fortune...

 

Une figure s'est aussi invité malgré moi dans l'écriture (est-ce vraiment une figure ?) quand la parole fait à nouveau défaut, quand on se demande encore si cela vaut bien la peine d'écrire ou de parler, quand on ne sait plus quoi dire pour surmonter les temps de détresse : celle qui accompagne la terre dans son errance et qui la regarde avec tendresse. La lune est celle qui écoute l'impossible, qui entend les questions sans réponse, qui nous replonge en nous-mêmes et nous redonne la force des mots, l'envie de les partager avec d'autres...

 

Dominique Richard

 

(* Joël Jouanneau)

Dossier complet

Lien théâtre contemporain. com et dates

Nulle part de partout

Création saison 2021/2022

Texte : Dominique Richard

(publication aux Éditions Théâtrales-jeunesse en février 2020)

 

Mise en scène : Dominique Richard

Assistant à la mise en scène, scénographie : Vincent Debats

 

Regard chorégraphique : Adeline Détée

Lumière et vidéo : Dominique Pain

Régie plateau et construction du décor : Allaoua Chettab

 

Chargé de production et de diffusion : Les filles du Jolivet

Les Filles du Jolivet : +33 2 34 74 85 00 / contact@lesfillesdujolivet.com

 

Avec :

Elsa Adroguer : L'ainée, la plutôt bavarde

Adeline Détée : La cadette, la plutôt muette

Nathalie Alibert Gessier : Les invisibles : Celle qui ramasse les poches de toutes les couleurs du ciel et de la mer, celle qui disparaît dans les fissure des murs, celle qui supplie le soleil, celle qui lit dans les étoiles. La lune.

 

Durée du spectacle : 55 min

Spectacle tout public à partir de 7 ans

Partenaires, résidences de création, soutiens :

 

Espace Malraux (Joué-Les-Tours 37)/ ville de Joué-Lès-Tours. Aide à la résidence : La Minoterie - scène conventionnée Art, enfance, jeunesse – Dijon Le moulin du marais, union régionale des foyers ruraux (Lezay 79). La Charpente, leThéâtre Beaumarchais et la ville d’Amboise. F.O.L 18 et le Théâtre du Hublot (Bourges). La passerelle Nouaillé Maupertuis (86). Le sens de la vis (86 )Le 37e parallèle (Tours 37).

Résumé :

 

Deux sœurs, l’aînée et la cadette, sont au pied de leur nouvel immeuble au début d'un soir d'été. Cette ville, elles ne la connaissent pas encore. Avant, elles vivaient dans une caravane, mais les difficultés ont obligé leurs parents à vendre le petit manège et abandonner la vie nomade, de fêtes foraines en fêtes foraines. Le temps des voyages et des amitiés est aujourd'hui oublié, a disparu. A cause de cet abandon, la cadette a décidé qu'elle ne parlerait plus jamais. Elle ne communique que par une langue des signes inventée avec Gajick, son amoureux, le garçon aux semelles de vent. Seule sa sœur aînée peut traduire cette langue silencieuse, cette danse des mains. Au cours de la nuit, entre rêve et réalité, elle vont se glisser dans cette ville mystérieuse, explorer ses tréfonds, découvrir ses secrets. Elles vont faire des rencontres de figures féminines aussi déroutantes qu'initiatiques. Pendant cette errance, la cadette, petit à petit, reparlera à sa façon, une langue faite de mots valises, poétiques et drôles. Elles retrouveront leur immeuble, ce même « bloc de pierre immobile », mais avec quelque chose d'un peu différent, à peine perceptible, le chemin possible du deuil de la vie passée.

Théâtre en Chemin

2 rue du clos neuf 37300 Joué-Lès-Tours

N° SIRET : 32221321600078/ LICENCE PLATES-V-R-2022-010176/ CODE APE 9001Z

theatreenchemin37@gmail.com

06 03 66 65 96

Production et diffusion : ICEBERG Elsa Maupeu

elsa@iceberg-culture.com / 06 18 19 78 07

Le Théâtre en Chemin est soutenu par la ville de Joué-Lès-Tours et sur des créations et certaines de nos actions par La Direction régionale des affaires culturelles Centre-Val de Loire | Le Ministère de la culture et de la communication | La Région Centre-Val de Loire / ADAMI...

CONSEIL D'ADMINISTRATION

Bernard Gaudiche : Président / Valérie Debats : Trésorière / Dominique Seghetchian : Secrétaire /Véronique Marsault : Administratrice

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